1000 ans d’histoire d’Hospitalité

Archives départementales de la Mayenne (19 Fi 00194)

C’est au milieu du XIe siècle que commence l’histoire de Saint-Julien. Face au château, à l’embouchure du Vieux-Pont, naît une aumônerie destinée à accueillir pauvres et pèlerins. Ce premier lieu d’hospitalité est placé sous la protection de saint Julien, évêque évangélisateur du Maine. La chapelle de l’aumônerie devient un centre religieux important pour la dévotion au saint évêque à Laval et aux alentours, et est le lieu de festivités en l’honneur de saint Julien, chaque année, le 27 janvier.

Comme tout établissement de charité au Moyen Âge, l’aumônerie Saint-Julien, dit aussi hôtel-Dieu, vit des dons des particuliers : terres, maisons, dons et rentes en argent ou en nature. Ces revenus sont administrés par un collège de clercs et de laïcs, représenté par un aumônier ou « maitre de la Maison-Dieu ». Ils permettent à l’hôpital de subvenir à ses besoins, mais aussi de construire de nouveaux bâtiments, comme après la guerre de Cent ans.

Le milieu du XVIIe siècle est un moment clef pour l’hôpital Saint-Julien : afin de pallier les besoins croissants, dans une ville en expansion, les bourgeois de Laval font appel aux religieuses hospitalières de Saint-Joseph. La jeune congrégation, fondée en 1636 à La Flèche par Jérôme Le Royer de La Dauversière et Marie de La Ferre, s’installe en 1650 à Saint-Julien, où elle sert pendant trois siècles avec dévouement et assiduité les malades lavallois. À la même époque, la ville acquiert une nouvelle parcelle, légèrement plus en aval, pour y construire des bâtiments plus vaste et une nouvelle chapelle : l’hôpital Saint-Julien s’implante alors sur les terrains où il est encore aujourd’hui.

Si l’hôpital accueillait à l’origine essentiellement de pauvres gens, de plus en plus de Lavallois demandent à y être soignés : l’hôpital compte à la fin du XVIIe siècle près d’une centaine de lits. À partir de 1714, il accueille même les malades contagieux, jusqu’alors soignés à l’extérieur de la ville. Par ailleurs, Saint-Julien héberge, au cours du XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe siècle des jeunes filles qui bénéficient des enseignements des religieuses hospitalières de Saint-Joseph.

La fin du XIXe siècle est marquée par la construction de la chapelle. Voulue par les religieuses hospitalières, financée essentiellement par des dons, elle est dédiée à saint Joseph, saint patron de la congrégation. Pour cet édifice aux dimensions exceptionnelles pour une chapelle d’hôpital, l’architecte lavallois Léopold Ridel fait appel à des artistes de talent et de renom, comme le maître verrier Alleaume, les peintres Chabas et Cavaillé-Coll, ou le sculpteur Joseph Vallet. La chapelle, consacrée en 1901, est pendant plus de 70 ans un lieu de prière et de recueillement pour les religieuses comme pour les malades et leurs familles.

L’hôpital Saint-Julien vit intensément la période des guerres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, puisqu’il accueille, outre les civils, des soldats malades et des blessés de guerre. Pendant ces périodes troublées, les religieuses se font remarquer par l’énergie déployée pour soigner ces hommes, français ou alliés, militaires ou résistants. La qualité des soins est également due aux moyens modernes mis en place, telle la machine de radiographie, expédiée à Laval par Marie Curie.

Après plusieurs phases de travaux d’agrandissement et de modernisation, la page de l’hôpital se tourne en 1974, et une maison de retraite prend place dans ces murs, jusqu’en 2008.

Archives départementales de la Mayenne (5FI120 1088). DR