Claudine, au service des séniors

Dans la famille Saint-Julien, je demande… Claudine ! Directrice d’une agence bancaire à Laval, Claudine a été impliquée dans le projet intergénérationnel très vite et de façon bien naturelle, puisqu’elle désirait depuis longtemps s’engager dans un projet personnel d’accueil de personnes âgées. Il ne lui a donc pas fallu longtemps pour accepter cet engagement auquel elle se dévoue avec bienveillance et discrétion. Rencontre avec celle qui s’occupe de la relation avec les futurs résidents séniors de Saint-Julien.

Claudine, comment êtes-vous arrivée à Saint-Julien ?
A un moment de ma carrière, je m'étais posé la question de m'occuper de personnes âgées. Enfant, j'ai toujours été au contact de seniors, et puis avant de rentrer dans la banque, j'avais également fait des stages en maison de retraite. J'ai ensuite accompagné mon père dans son grand âge. Quand on m'a proposé d'entrer dans l'aventure, j'ai d'abord eu peur de ne pas être à la hauteur. Et puis j’ai pris conscience de la cause dans laquelle on me proposait de m’engager et j’ai fini par accepter, fière d'être choisie. Quand on s'engage dans quelque chose, il ne faut pas trop imaginer, se faire des idées. Il faut juste avoir l'objectif de servir une cause dans laquelle on se retrouve. Ici, l'objectif était le même pour tous, mettre l'humain au centre du projet, entre nous d'abord, et ensuite pour ceux que nous accueillerons à terme à Saint-Julien.

En quoi consiste votre mission au sein de l’équipe des bénévoles ?
Aujourd'hui, alors que le projet est bien avancé et que nous sommes en attente de l’aménagement intérieur des futurs locaux, ma mission consiste principalement à rencontrer chaque personne qui souhaite intégrer Saint-Julien. Ils sont déjà 37 à s'être pré-inscrits ! Je prends le temps de leur présenter le projet, d’échanger sur leurs motivations, de répondre à leurs questions, à leurs inquiétudes… Je prends surtout le temps de les écouter pour construire avec eux notre futur « logis ». Notre grande préoccupation est vraiment de faire en sorte que l’Espace Saint-Julien réponde au plus près à leurs besoins et à leurs attentes. C’est extraordinaire de pouvoir monter le projet avec ceux qui l’habiteront à terme ! Je sors toujours de ces rendez-vous pleine d'enthousiasme. Ce sont des moments formidables et, quand je les rencontre au terme de journées bien remplies, parfois fatiguée par beaucoup d’administratif, je me dis qu'ils ont vraiment besoin de nous et tout le reste est oublié !

Comment concilier son métier avec sa sa vie « d’entrepreneur bénévole » sur des projets d’une telle envergure ?
Les 2 missions ne sont pas opposables, au contraire, elles se ressemblent beaucoup ! Tout d'abord, c'est grâce à mon métier que j'ai été amenée à rencontrer certains bénévoles du projet, déjà engagés dans d’autres activités associatives et notamment à l'internat ND de Pontmain dont j'ai accompagné l'implantation à Laval. Les missions se ressemblent car le métier de management, c'est l'écoute, c’est savoir détecter les talents de chaque membre de l'équipe pour avancer et se compléter, tout en suivant, ensemble, un même objectif. Construire Saint-Julien, ou plutôt construire l’âme de Saint-Julien, c'est écouter chacun et se servir des talents de chacun pour les partager entre eux et avec les autres générations. C’est considérer que chacun a sa place, chacun a quelque chose à apporter aux autres. Dans les 2 situations, sans la compréhension de l'humain et de ce qui le motive, rien n'est possible.

Quelle est la plus belle anecdote que vous retenez de toutes ces années d’engagement ?
Ce que je retiens avant tout, c’est l'esprit qui anime Saint-Julien, « esprit » écrit avec un grand « E ». Je suis touchée par la bienveillance et la chaleur humaine des échanges, que ce soit entre bénévoles ou dans l'ensemble des rendez-vous que nous avons eus.

J’ai également été marquée par les journées du patrimoine de 2019, qui resteront gravées dans ma mémoire. Ma mère a travaillé à Saint-Julien et j'y suis venue très régulièrement quand j'étais enfant. Au cours de ces journées, j'ai eu la chance de guider les visites avec Marie-Thérèse, une des premières infirmières civiles de Saint-Julien, qui racontait son expérience avec passion. J'avais l'impression d'avoir 10 ans et de vivre au gré des anecdotes qu'elle racontait !

Quel est votre rêve pour Saint-Julien, lorsque l’espace intergénérationnel sera ouvert ?
Je rêve que toutes ces générations qui se côtoieront construisent ensemble de beaux projets, que les enfants et les jeunes se souviennent des moments partagés avec les seniors, qu'ils les fassent rire. Et que les seniors sachent à leur tour partager leurs talents et transmettre leur savoir. Je rêve que Saint-Julien soit une grande famille, une maison où il fait bon vivre. Je rêve d'apporter un peu de douceur dans une période de la vie qui n'est pas toujours simple : de la chaleur humaine, de la spiritualité pour ceux qui le désirent et surtout que chacun se sente utile jusqu'au dernier souffle.